• Aujourd’hui je quitte le foyer, arrivée à maturité. Des souvenirs plein la tête des six années que j’y ai vécu.
    Ma chambrette d’où je peux voir Paris s’agiter comme une fourmilière. Mes copines dont la plupart vivent de petits boulots à l’autre bout du monde alors que je galère depuis un moment pour décrocher un malheureux stage de coiffeuse. Mes éducateurs. La bouffe même, je n’ose pas savoir ce qu’ils mettent dedans.
    Personne n’est venu me dire au revoir. C’est là que je me suis sentie la plus abandonnée, par mes parents avant tout mais encore davantage par mes éducateurs et mes amies.
    Voilà où est le problème. Comme si je venais de naître pour partir de zéro.
    Nouveau départ.
    Nouvelle vie : la rue.
    Nom : Farewell, Prénom : Luna, Age : 18 ans.
    Surnom : Ghost.


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  • Sans but précis je courus comme jamais le plus loin possible de la soirée. Je ne fis halte seulement lorsque la marée m'empêcha d'avancer davantage. Là je m'assis les genoux remontés contre la poitrine et éclatai en sanglots. C'était tout ce qui me restait à faire pour apaiser mon coeur brisé, pourtant la douleur était toujours là, persistante comme pour m'exhorter à la raison. Elle me soufflait de m'en aller, de tout laisser tomber mais je ne pouvais m'empêcher de penser à David, aux bons moments que nous avions passés ensemble; et j'avais encore du mal à intérioriser le fait que notre séparation soit définitive. Tout lui expliquer? Oui mais en aurais je réellement le courage? Ils avaient tous du retourner au gite en minibus depuis longtemps et je n'avais aucun moyen de le ,joindre... - EMILIE !! Où es tu? cria quelqu'un en contrebas, me faisant sursauter. La voix de Steve. J'étais rassurée qu'il m'ait retrouvée car je ne me voyais pas dormir à la belle étoile dans les circonstances actuelles mais cela me conforta encore plus dans l'idée de partir d'ici au plus vite. Je ne voulais plus voir quiconque souffrir à cause des idées arrêtées de mon père sur l'amour.
    Cependant une vague maligne vint se briser inopinément contre le rocher sur lequel j'étais recroquevillée et me déséquilibra: mon pied dérapa et je glissai vers le bord sans pouvoir arrêter ma chute.
    Ma tête heurta violemment le sable durci du platin.
    Je perdis connaissance.
      Lorsque j'ouvris les yeux, l'aube commençait à poindre.
    Le fait que je sois allongée sur un lit de fortune ne m'alarma pas car il était plus que probable que Steve m'ait ramenée dans le cagibi exigu qui nous servait de chambre commune les soirs de patrouilles tardives.
    Ses rondes se finissaient toujours à huit heures, il ne me restait donc que cinq bonnes minutes à attendre et je lui proposerai d'aller prendre ensemble un dernier petit déjeuner avant de nous quitter.
    N'empêche, il m'avait sauvé la vie à deux reprises et me plaisait plus ou moins, surtout pour les longues conversations que nous tenions sur la vie et sur le monde pour tuer le temps entre deux tours de garde. Il était également séduisant pour ses manières délicates...
    Huit heures.
    Huit heures cinq.
    Personne et ce n'était pas vraiment son genre.
    Soudain mon portable vibra, brisant le silence.
    Qui pouvait m'appeler à cette heure-ci?
    Un MMS. Bizarre, cela était rare que j'en reçoive.
    Une vidéo, en pièce jointe.
    Je cliquai sur PLAY de plus en plus inquiète. Une voix déformée à l'hélium me parla:
    "- Si tu veux revoir ton ami vivant... la rançon est de 10 000€ ! Tu as trois jours, passé ce délai tu ne pourras plus rien pour lui !"


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  • Dave fut transféré par hélicoptère en urgence vers le CHU de B*** ainsi je ne fus pas autorisée à le suivre. Donc je passai la nuit dans le minuscule guet qui servait de chambre à Steve et repartis à l'aube par le premier train pour Paris. Les jours, les semaines, les mois passèrent sans que je sache exactement ce qu'il était advenu de mon bien-aimé. Son numéro de portable fut rapidement périmé et il ne répondait pas aux mails, pareils à des bouteilles à la mer, que je lui envoyai. Je devins en apparence une étudiante modèle cependant vide et brisée à l'intérieur: à mes yeux tout paraissait terne, monotone, sans vie. Tant et si bien qu'au bout du compte, je finissai major de ma promotion sans trop savoir pourquoi ni comment, sans l'avoir réellement voulu: à la fois cela me plaisait et me faisait peur. D'un côté ma future carrière était indubitablement assurée. Mais de l'autre j'avais l'impression que ma vie était devenue comme une locomotive inarrêtable qui viendrait de se mettre sur les rails d'une existence paisible et rangée car toute tracée d'avance. En acceptant de mener une mission d'intérim en tant que secourste pour la saison à venir j'ignorais néammoins que l'équilibre fragile qui me maintenait jusque là en vie allait de nouveau voler en éclats. Sans réflechir j'avais répondu à l'annonce. L'offre était alléchante d'autant plus que le centre de secourisme demandeur avait installé son activité sur la côte bretonne. En lisant l'intitulé je m'étais dit qu'un mois de répit avant la reprise m'allait être bienfaiteur mais j'étais loin de me douter qu'il s'agissait du centre où travaillait Steve. J'avais vaguement entrevu une photo accompagnant l'offre d'emploi mais n'avais pas tilté même en lisant la légende qui vantait les mérites de leur fameux système de caméras. Il ne parut qu'à moitié heureux de m'entendre lorsque je luis appris la nouvelle par téléphone. Bien entendu il ne rechigna pas à ce que son patron m'engage d'emblée mais je sentis une certaine nervosité dans le ton légèrement acerbe avec lequel il me parla. Je lui fis part de mes soupcons , il me répondit que cela n'était qu'à cause du boulot mais j'eus aussitôt la désagréable impression qu'il me mentait délibérement et mon moral déjà à plat en prit un tel coup que je lui raccrochai au nez sans explication. Je devais me faire à l'idée: il me fallait soit reprendre pied soit aller consulter. Me sentant dès lors abandonnée de tous et par tous, de jour en jour ma dépression alla de mal en pis. Dans le TGV qui me mena en Bretagne j'eus à loisir suffisamment de temps pour dresser un bilan des sept derniers mois qui se révela peu flatteur: si je ne tentais pas davantage de m'en sortir j'allais à coup sûr finir de nouveau en psychatrie et ceci pour de bon. A ce stade je fus cependant tirée de mes pensées par l'arrivée d'un groupe de vacanciers gérés par un petit bout de femme aux cheveux multicolores habillée de fluo de la tête aux pieds. De prime abord je la jugeai excentrique mais je m'apercus qu'en réalité elle dirigeait tant bien que mal un groupe d'hospitalisés de toute sortes désireux de prendre des vacances loin de Paris au bord de la mer. Par solidarité je lui prêtais main forte pour en installer certains, rassurer d'autres qui n'avaient encore jamais pris le train. C'est ainsi qu'elle me proposa de l'assister dans son boulot d'auxiliaire de vie dès lors que nous arrivâmes à destination. Leur "patronne" comme la surnommaient ses patients avec taquinerie - elle s'appelait toutefois Estelle- réserva même une chambre supplémentaire pour me loger dans le même gite qu'eux et m'invita au pot d'accueil organisé en leur honneur par la direction. La soirée me permit de sympathiser avec la plupart des patients afin de mieux cerner leurs personnalités et leurs attentes. La journée du lendemain marqua le début de mes quatres semaines de congé, rythmées par mon travail d'auxiliaire de vie le jour et ma mission de secouriste la nuit. Tenir une telle cadence n'était pas particulièrement épuisant néanmoins j'avais peu de temps libre ce que j'arrangeais par de longues promenades relaxantes le long de la plage au crépuscule. Cependant ce bien être physique et moral tourna court au bout de quelques jours seulement à cause de la fatigue accumulée par un manque de sommeil évident devenu impossible à cacher. A force de persuasion Steve m'obtint deux jours de congé auprès du patron mais sachant d'avance que ce ne serait pas assez pour récupérer suffisamment je préférai démissionner. En rentrant de patrouille le soir de mon départ anticipé j'eus la surprise de découvrir que mes collègues avaient organisé dans les règles de l'art une soirée karaoké à thème en guise d'adieu. Steve avait même eu la délicatesse d'y inviter mes patients devenus au fil du séjour mes amis. Aucun détail n'avait été laissé au hasard. Les lampions multicolores, les photophores allumés de mille lueurs chatoyantes par de dansantes lucioles rendaient l'atmosphère quasiment féerique. Ce qui le fut moins était que je sois obligée de monter sur scène pour chanter. Tremblants mes doigts faillirent se dérober lorsque mon tour arrivé je m'emparai du micro. Je n'avais absolument aucune chanson en tête. Aphone, je restai figée sur place regardant le public s'impatienter sans savoir comment y remédier. Soudain je captai le regard de Steve, à la fois lourd de déception et de mépris. Sans réfléchir je me lançai à l'assaut de la première chanson qui me passa par la tête et le hasard dut s'arranger pour que ce soit Goodbye my lover.
    Trois minutes plus tard lorsque j'allongeai les dernières notes sous les applaudissements je perçus nettement des sanglots étouffés par le vacarme ambiant.
    Etonnée je parcourus rapidement des yeux l'assemblée: tout le monde me regardait plus ou moins excepté quelqu'un, un peu à l'écart dans le fond, qui me tournait le dos.
    Assis dans un fauteuil roulant avec ses cheveux coupés court et ses traits émaciés je ne le reconnus pas dans l'immédiat mais j'eus le bonheur de constater qu'il s'agissait bien de David.
    En quelques mois à peine la vie en milieu hospitalier l'avait complètement changé à tel point que son regard seul suffisait à prouver qu'il n'était plus illusionné par ses rêves d'absolu. Il semblait plus mature, éprouvé par la vie.
    Inopinément Steve réapparut sur scène:
    - Dis moi le choix de cette chanson n'était pas fortuit n'est ce pas?
    J'acquiesçai en me raclant nerveusement la gorge:
    - Oui, je voulais faire comprendre à celui que j'aime que je tiens encore à lui même si nos vies s'apprêtent à prendre des directions bien différentes. Dans mon cœur il restera à jamais mon meilleur ami...
    - Juste amis? s'enquit doucement une voix amplifiée par les enceintes Dolby de part et d'autre de la scène.
    Je relevai vivement la tête pour voir Dave me dévisager fixement.
    Les larmes aux yeux, ncapable de soutenir la force de son regard je m'enfuyai en courant.


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  • Même en hiver la Bretagne est belle. Après une heure et demie de TGV cela fait du bien de se prélasser sur la plage emmitouflés dans un épais poncho XXL en grosse laine tricotée en savourant des chichis: loin de Paris je me sens redevenir moi-même.- Déjà dix neuf heures! s'exclama Dave rompant soudainement la douce torpeur dans laquelle nous rêvassions. Si on ne veut pas dormir à la belle étoile c'est maintenant ou jamais!- On a tout notre temps soupirais je les yeux mi-clos en croquant dans un chichi.Une vague vient se briser contre le rocher qui nous tient office de perchoir et je fronce les sourcils: la marée serait-elle déjà en train de monter?Prise d'un vif pressentiment je me retourne et constate, horrifiée, qu'elle nous a effectivemenrt encerclé sans prévenir:- Qu'est ce qu'on fait? hurlais je pour couvrir le bruit assourdissant des vagues.Pour toute réponse Dave se saisit de son sac et saute sur une pierre plate en contrebas:-De quoi as tu peur? s'enquit-il. Si on se dépêche on a encore tout juste le temps de passer.Avec un clin d'oeil complice il recula au bord du rocher pour rejoindre le suivant d'une enjambée:- Alors qu'est ce que tu attends? interrogea-t-il un large sourire aux lèvres. Tu ne cours aucun risque.Je partis d'un rire nerveux- Je ne suis pourtant pas une poule mouillée crois moi. Mais quelque chose me dit que tu es en train de prendre inutilement des risques à force de narguer le danger.- Je n'ai jamais pensé cela de toi! s'insurgea-t-il en me gratifiant d'un clin d'oeil tendre.J'esquissai un sourire lorsque j'apercus tout à coup l'écume d'une vague naissante s'agglomérer à l'orée de l'abri rocheux au coeur duquel Dave louvoyait:-ATTENTION!Trop tard. Alors que Dave atteignait le rocher central l'eau s'engouffra avec grand bruit dans la cavité rocheuse. Je vis Dave accélerer le pas puis se mettre à courir bien qu'en glissant de son épaule son sac lui faisait perdre de temps à autre l'équilibre.Le temps de me redresser pour fouiller le mien en quête de mon portable pour appeler les secouristes il avait disparu.Quand je regardai de nouveau en bas seule sa sacoche flottait encore à la surface. Hurlant son nom à perdre haleine j'étais assez penchée en avant pour perdre l'équilibre.Ma tête heurta violemment les parois de la minuscule crique.Je perdis connaissance. - Mademoiselle est ce que vous m'entendez?J'ouvris un oeil. La voie Lactée en vue panoramique. Un froid tiédeux. Des embruns glacés. Quelque chose de moelleux et de doux contre mon dos.Le paradis ou un lieu en tous points fortement ressemblant.- Serrez moi la main si vous respirez!Rassurante cette voix au moins prouve-t-elle que je ne suis finalement pas morte.Mes doigts se refermèrent d'eux-mêmes autour de ceux de mon sauveur et j'achevais d'ouvrir entièrement les yeux.Il me parut plutôt jeune, à peu près la vingtaine. Un beau brun ténébreux aux allures d'oisillon avec ses cheveux en pagaille. Le mec excessivement idéal en quelque sorte.- Vous a-t-on jamais dit que vous étiez magnifique à la lueur des étoiles?"C'est quoi ce délire? C'est pas le moment pour un plan drague improvisé" observai je en mon for intérieur, cependant je tentai de mesurer mes mots:- Oui, oui... au fait comment m'avez vous trouvée et ramenée ici? Quelle heure est-il?J'ai l'intuition que quelque chose de grave est arrivé mais qu'il ne veut pas ou n'ose pas m'en parler.Il confirma mes inquiétudes les unes après les autres au fur et à mesure de son explication:- En fait je pourrais être entendu comme témoin car j'ai vu tout ce qui s'est passé depuis que vous avez posé le pied sur le sable de cette plage. La direction a installé des caméras vidéo dans tous les recoins. J'allais vous aider à traverser la marée montante quand votre ami a tenté de descendre par ses propres moyens. Si je n'ai rien fait pour l'arrêter c'est que je savais déjà que la partie était perdue d'avance et que les espoirs devenaient de minute en minute toujours plus minces de le retrouver vivant. Je suis désolé.Mes forces m'abandonnèrent et je laissai libre cours à mes émotions incapable de retenir les larmes qui se mirent à couler toutes seulesDe très loin nous parvint inopinément le bruit vrombissant d'un moteur de zodiaque. Avant que le jeune secouriste ait pu dégainer son talkie walkie l'embarcation atterrit en trombe sur le platin en soulevant une gerbe de sable.Mon protecteur m'aida à me relever et me soutint par les épaules pendant le court trajet jusqu'au bateau:- Je ne voudrais pas vous materner mais tout à l'heure vous vous êtes probablement démis quelque chose en tombant. Au fait appelez moi Steve.Mais je ne l'écoute plus choquée par qui je découvre blotti au fond du rafiot.Emmitouflé dans une couverture de survie Dave grelotte de fièvre la peau parsemée d'écorchures.Je n'ose pas pousser mon auscultation plus loin car il est de toute évidence dans un sale état.Malgré tout je rassemble mes dernières forces pour me traîner par dessus le bord du zodiaque pour m'allonger à côté de lui. Epuisée je pose mon oreille contre son abdomen pour écouter les battements de son coeur. A mon grand dam son pouls est particulièrement faible.Soudain quelque chose effleure mon dos.Sans doute les embruns.Ou une brise sableuse.Puis je prends conscience que ce sont les doigts de pianiste de mon bien aimé me cherchant à l'aveuglette.- Ne t'en fais pas je suis là chuchotais je d'un ton aussi apaisant que possible en posant délicatement sa main dans la mienne.
    Ses doigts s'abandonnèrent au creux de ma paume, aussi glacés que du marbre:
    - Je t'aime... marmonna-t-il le regard à demi comateux avant de sombrer dans l'insconscience.


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  • Quand je me réveille tout est blanc autour de moi. Une chambre d'hôpital. Je voudrais me redresser sur mes coudes mais quelque chose entrave mes mouvements. On m'a sûrement attachée. Mais être folle d'amour n'est pas une raison valable pour être placé en hôpital psychiatrique que je sache.
    - Enfin ! Vous êtes réveillée ! Votre père voudrait vous parler.
    Je tourne la tête. Une infirmière entre deux âges est assise à mon chevet :
    - Je n'ai rien à lui dire, rétorquai-je.
    - Lui n'est visiblement pas de cet avis. Puis je le faire entrer?
    - Oui, à condition qu'il ne vienne pas me parler de mariage.
    - Il ne m'a rien révélé mais je vous préviens il est très remonté.
    - Après tout peu importe ça m'est égal car jamais je ne le laisserai me convaincre quoi qu'il arrive :
    - Alors encore prête à te jeter dans les bras du premier venu espèce d'imbécile ? tonitrua mon père campé sur le seuil.
    Toujours aussi direct voire cavalier, comme à son habitude.
    - Que lui as tu fait? m'enquis-je hardiment.
    - Deux ans ferme On a retrouvé de la drogue dans ses affaires et pas en petite quantité ! Il a eu beau affirmer ne pas vouloir vendre la coke dont il était dépositaire pour saboter le trafic de ses copains, ça sonnait faux. On ne peut pas posséder autant de drogue et prétendre ne pas dealer.
    - Et si c'était vrai ! C'est toujours la mule à qui on fait porter le chapeau de toute façon. C'est un peu facile de ne pas voir plus loin que le bout de son nez en jugeant les personnes et non pas les faits.
    - Ne me parle pas sur ce ton ! Tu vas me faire le plaisir de finir tes études et de trouver un meilleur parti.
    - Si tu crois pouvoir contrôler ainsi ma vie...
    De rage et de colère mêlées, je m'arrachais de mes sangles et sautai hors du lit, l'esquivai furtivement, m'engouffrai dans le couloir.
    - Arrêtez la, elle ne doit pas nous échapper ! cria mon père aux infirmiers de garde..
    Ceux-ci coururent à ma poursuite mais je fus plus rapide et les semai assez vite en me dissimulant dans une armoire murale remplie de médicaments.
    - Trouvez la, elle ne doit pas être loin!
    Je voulus me rencogner au fond de l'habitacle malheureusement ma tête heurta une pile de cartons qui s'écrasa au sol dans un vacarme assourdissant de verre cassé.
    - Là !
    Mon père ouvrit les deux battants du placard à la volée, m'empoigna par les bras pour me tirer dehors.Je me débattis, en vain:
    - Non !
    Des bras m'aggripèrent et m'enveloppèrent tendrement dans leur étreinte protectrice; une mèche de cheveux châtains dorés me caressa le cou, me chatouilla la nuque.
    - Je suis la, tu n'as plus à t'en faire maintenant!
    - David je... Je t'aime !
    Peu importe ce que mon père dira mais je prends à mon tour Dave dans mes bras et l'embrasse avec fougue.
    Furieux mon père ne tient plus en place. Néanmoins il fut dûment maîtrisé par des infirmiers :
    - Calmez vous bon sang ! Arrêtez de brider votre fille puisqu'elle est amoureuse de ce jeune homme et d'aucun autre...
    - Taisez vous ! Je veux seulement son bonheur et ce n'est pas David Greenwich qui sera en mesure de lui en donner suffisamment.
    - Vos collègues m'ont libéré au bout de quelques heures seulement ils ne disposaient d'aucune preuve ou de pièces à conviction permettant de justifier l'incarcération immédiate. - Et les sachets de coke?
    - Les tests d'empreintes ont prouvé que je n'y avais pas touché même pour ma consommation personnelle et comme je n'avais aucun casier judiciaire, affaire classée.
    - Tu ne t'en sortiras pas aussi facilement  ! Je vais tout faire pour rouvrir une véritable enquête et cette fois tu n'échapperas pas à la justice je te le garantis.
    Dave me prit par la main:
    - Je crois que vous ne me laissez pas le choix. Prête Ellie?
    - Prête !
    Nous nous mîmes à courir poursuivis par mon père qui rallia à sa cause bon nombre de médecins de garde.Au niveau du hall, Dave m'aida à me hisser sur ses épaules me voyant épuisée, à bout de souffle.On déboulait dans la rue attenante à la clinique lorsque je m'aperçus qu'on était toujours suivis et que pour couronner le tout, mon père avait appelé des renforts venus directement des troupes de CRS du commissariat.
    - Je sais où aller pour ne pas nous faire encercler!
    Apparemment ton père a une dent contre moi. Je te propose de quitter Paris quelque temps.
    - Pour aller où? On n'a ni bagages, ni argent.
    - Heureusement j'ai pensé à tout. En sortant de garde à vue, je suis passé chez toi prendre ce qui me semblait le nécessaire de voyage basique de toute jeune femme qui se respecte. J'ai fait la même chose pour moi. Tout le barda nous attend à la consigne de la gare Montparnasse, dépêchons-nous !
     - Où va-t-on ?
    - Ces vacances au fin fond de la Bretagne dont on a souvent rêvé... pourquoi ne pas les prendre maintenant?


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