• Chapitre 3: Attraction:

    Un mois plus  tard :
     
    Plus jamais ca ! Je croyais déjà toucher le fond en vivant en foyer mais la prison est bien pire.
    Je dors mal, régulièrement réveillée en pleine nuit par l’alarme qui sonne à tue-tête au moindre mouvement suspect. Sachant que la plupart des codétenus est soit insomniaque soit somnambule voire les deux, c’est du grand n’importe quoi.
    Pour moi qui ai besoin d’une bonne nuit de sommeil pour récupérer suffisamment, impossible de ne pas avoir une horloge biologique détraquée.
    Conséquemment je pense avoir développé un début de narcolepsie.
    Quelle vie !
    Mais j’évite de ressasser tout ca car on m’a libérée il y a une heure et je compte bien repartir du bon pied : impossible de refaire le passé donc je compte me prendre en main pour construire mon avenir comme une grande, pour une fois.
    Je ne me fais pas d’illusion au sujet de Phantom : débrouillard comme il est, il a du s’en sortir pour partir vivre loin de Paris avec Clara.
    Malgré tout j’ai un pincement au cœur : avant que la police nous déloge, je me sentais bien auprès de lui. Je commençais à mieux supporter ma condition de jeune sans abri lorsqu’on avait finalement réussi à cohabiter ensemble. Ce n’est pas d’argent dont j’ai besoin mais d’amour.
    Assise devant un cappuccino insipide dans un petit restoroute situé aux abords de la prison je guette l’arrivée de ma famille d’accueil qui doit venir me chercher d’une minute à l’autre.
    On m’a dit que c’est la mère qui vient me récupérer. Entre deux âges elle est brune aux yeux bruns. Rien de plus commun.
    Comme si pour les trois ans à venir ma mission serait de rentrer dans le moule afin de reprendre le cours d’une vie normale.
    Morose j’en suis là de mes réflexions quand soudain mon rythme cardiaque accélère à la vue de mon bien aimé.
    En queue de file il s’impatiente le regard dans le vide comme à son habitude. Peut être n'est ce que le fruit de mon imagination mais l’espace d’un instant j’ai l’impression que ses yeux ont croisé les miens. Et s’il ne m’avait pas reconnue ?
    Je me sens conne enroulée dans mes vieilles fripes du Secours Populaire.
    Pour lui je ne dois plus être que l’ombre de moi-même ; je dois en avoir le cœur net :
    - Phantom… appelais-je suffisamment fort pour faire en sorte que lui seul m’entende.
    Son visage est impassible, il n’esquisse même pas un sourire
    Je tente une nouvelle approche en allant me camper face à lui :
    - Phantom ! Tu vas continuer encore longtemps à me faire croire que je n’existe pas pour toi ?
    - Exactement, tu n’essaies pas de t’en sortir. Si tu essaies de vivre perpétuellement aux crochets des autres tu cours droit contre le mur. Pour vivre comme tu le choisis il faut interagir avec l’autre mais avant tout compter sur toi-même et tes capacités. Plus précisément il faut cultiver tes talents pour les faire fructifier : ils t’aideront à construire ton avenir comme tu l’entends.
    A ce propos, tu ne m’avais pas dit que tu tenais un blog littéraire ! Tes textes sont vraiment sympas et agréables à lire.
    - Ah bon ? J’avais peur que les gens du foyer se moquent de moi à cause de la naïveté de certains de mes poèmes donc je leur en cachais l’existence.
    - Ce n’est pas parce que tu t’y inventes une meilleure vie, heureuse et insouciante que tes textes seront forcément jugés naïfs.
    J’acquiesçai tout en sachant au fond de moi que si l’un ou l’une de mes camarades avaient découvert le pot aux roses ils l’auraient utilisé comme énième motif pour se moquer de moi en me tournant au ridicule.
    Phantom a repris ses airs de grand-frère compréhensif toutefois je me méfie : mon intuition me dit qu’il essaie de m’embobiner avec ses belles paroles afin de mieux me manipuler.
    D’ailleurs je me souviens de ses manières de goujat le jour de notre première rencontre lorsqu’il m’a dit en guise de bonjour : » Je t’ai juste défendue pour pas perdre la face devant mon ex » : est t il aussi sincère qu’il le laisse paraître ?
    Pourtant une force invisible m’attire irrésistiblement vers lui
    Ce n’est ni de l’amour.
    Ni de l’envie.
    Je ne sais pas quoi en penser.

  • Commentaires

    1
    an
    Vendredi 22 Avril 2011 à 08:54
    Bravo! c'est super bien écrit!! avec un vocabulaire trés riche, good!
    2
    Paula Spectacles Profil de Paula Spectacles
    Vendredi 22 Avril 2011 à 22:08
    merci de ton soutien ^^
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