• 08. Your love is my drug:

    Quand je me réveille tout est blanc autour de moi. Une chambre d'hôpital. Je voudrais me redresser sur mes coudes mais quelque chose entrave mes mouvements. On m'a sûrement attachée. Mais être folle d'amour n'est pas une raison valable pour être placé en hôpital psychiatrique que je sache.
    - Enfin ! Vous êtes réveillée ! Votre père voudrait vous parler.
    Je tourne la tête. Une infirmière entre deux âges est assise à mon chevet :
    - Je n'ai rien à lui dire, rétorquai-je.
    - Lui n'est visiblement pas de cet avis. Puis je le faire entrer?
    - Oui, à condition qu'il ne vienne pas me parler de mariage.
    - Il ne m'a rien révélé mais je vous préviens il est très remonté.
    - Après tout peu importe ça m'est égal car jamais je ne le laisserai me convaincre quoi qu'il arrive :
    - Alors encore prête à te jeter dans les bras du premier venu espèce d'imbécile ? tonitrua mon père campé sur le seuil.
    Toujours aussi direct voire cavalier, comme à son habitude.
    - Que lui as tu fait? m'enquis-je hardiment.
    - Deux ans ferme On a retrouvé de la drogue dans ses affaires et pas en petite quantité ! Il a eu beau affirmer ne pas vouloir vendre la coke dont il était dépositaire pour saboter le trafic de ses copains, ça sonnait faux. On ne peut pas posséder autant de drogue et prétendre ne pas dealer.
    - Et si c'était vrai ! C'est toujours la mule à qui on fait porter le chapeau de toute façon. C'est un peu facile de ne pas voir plus loin que le bout de son nez en jugeant les personnes et non pas les faits.
    - Ne me parle pas sur ce ton ! Tu vas me faire le plaisir de finir tes études et de trouver un meilleur parti.
    - Si tu crois pouvoir contrôler ainsi ma vie...
    De rage et de colère mêlées, je m'arrachais de mes sangles et sautai hors du lit, l'esquivai furtivement, m'engouffrai dans le couloir.
    - Arrêtez la, elle ne doit pas nous échapper ! cria mon père aux infirmiers de garde..
    Ceux-ci coururent à ma poursuite mais je fus plus rapide et les semai assez vite en me dissimulant dans une armoire murale remplie de médicaments.
    - Trouvez la, elle ne doit pas être loin!
    Je voulus me rencogner au fond de l'habitacle malheureusement ma tête heurta une pile de cartons qui s'écrasa au sol dans un vacarme assourdissant de verre cassé.
    - Là !
    Mon père ouvrit les deux battants du placard à la volée, m'empoigna par les bras pour me tirer dehors.Je me débattis, en vain:
    - Non !
    Des bras m'aggripèrent et m'enveloppèrent tendrement dans leur étreinte protectrice; une mèche de cheveux châtains dorés me caressa le cou, me chatouilla la nuque.
    - Je suis la, tu n'as plus à t'en faire maintenant!
    - David je... Je t'aime !
    Peu importe ce que mon père dira mais je prends à mon tour Dave dans mes bras et l'embrasse avec fougue.
    Furieux mon père ne tient plus en place. Néanmoins il fut dûment maîtrisé par des infirmiers :
    - Calmez vous bon sang ! Arrêtez de brider votre fille puisqu'elle est amoureuse de ce jeune homme et d'aucun autre...
    - Taisez vous ! Je veux seulement son bonheur et ce n'est pas David Greenwich qui sera en mesure de lui en donner suffisamment.
    - Vos collègues m'ont libéré au bout de quelques heures seulement ils ne disposaient d'aucune preuve ou de pièces à conviction permettant de justifier l'incarcération immédiate. - Et les sachets de coke?
    - Les tests d'empreintes ont prouvé que je n'y avais pas touché même pour ma consommation personnelle et comme je n'avais aucun casier judiciaire, affaire classée.
    - Tu ne t'en sortiras pas aussi facilement  ! Je vais tout faire pour rouvrir une véritable enquête et cette fois tu n'échapperas pas à la justice je te le garantis.
    Dave me prit par la main:
    - Je crois que vous ne me laissez pas le choix. Prête Ellie?
    - Prête !
    Nous nous mîmes à courir poursuivis par mon père qui rallia à sa cause bon nombre de médecins de garde.Au niveau du hall, Dave m'aida à me hisser sur ses épaules me voyant épuisée, à bout de souffle.On déboulait dans la rue attenante à la clinique lorsque je m'aperçus qu'on était toujours suivis et que pour couronner le tout, mon père avait appelé des renforts venus directement des troupes de CRS du commissariat.
    - Je sais où aller pour ne pas nous faire encercler!
    Apparemment ton père a une dent contre moi. Je te propose de quitter Paris quelque temps.
    - Pour aller où? On n'a ni bagages, ni argent.
    - Heureusement j'ai pensé à tout. En sortant de garde à vue, je suis passé chez toi prendre ce qui me semblait le nécessaire de voyage basique de toute jeune femme qui se respecte. J'ai fait la même chose pour moi. Tout le barda nous attend à la consigne de la gare Montparnasse, dépêchons-nous !
     - Où va-t-on ?
    - Ces vacances au fin fond de la Bretagne dont on a souvent rêvé... pourquoi ne pas les prendre maintenant?


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